Peinture
C’est un solitaire. Inutile de chercher influences, références, appartenance à un groupe, à un mouvement artistique.
Sa vérité est ailleurs, bien à lui.
Il commence à peindre vers 1955, de petites toiles qu’il renie aujourd’hui.
C’était le temps de l’ « action painting »,
et d’une certaine abstraction lyrique qui a eu ses grands artistes, ses modes, ses œuvres faciles.
Il mesure vite les limites de cette peinture.
Il abandonne, part à l’aventure, se consacre pendant de longues années à la création de bijoux, en Grèce puis en Italie.
Il a fallu que s’écoule un grand moment de vie, il a fallu beaucoup d’errances, d’expériences durement vécues, de rêves,
de lectures méditées à deux pour que naisse un nouveau langage et avec lui, l’urgence de recommencer à peindre.
Pour saisir, semble-t-il, ce qui ne peut l’être.
Pour capter les choses avant qu’elles ne disparaissent.
Partout se fait sentir le poids du temps. Il aime les choses qui ont un passé : fragments des métaux, de papier,
de ficelles, de texture, choses s’il y a très longtemps, usées, jaunies d’avoir trop vécu, froissées, craquelées,
dévorées par la lumière ou la chaleur, la pluie, le vent, le feu parfois. Choses devenues inutiles mais jamais mortes.
Il suffit en effet de savoir les faire parler.